Dire ou ne pas dire...
Parler ou se taire…
Etre ou ne pas être comme dirait Willy…
Tiens ? y avait longtemps qu’on avait pas eu de ses nouvelles à celle-là ?
Et elle revient avec des considération métaphysiques à la con noix... ?
Car c’est un fait :  J’ai disparu d’ici depuis 6 semaines…
le silence intersidéral… 
Mais où étais-je donc… ? Encore une question hautement philosophique...
Et la suivante : faut-il que je m’explique, que je me justifie… ?
l’avantage d'être la seule rédactrice de ce blog, c’est que je fais bien ce que je veux…que je contrôle tout… 
Alors...
Ou étais-je ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ce silence…?
Pour tout vous dire, je me suis perdue… mais alors complètement perdue… 
En fait, dans la Vraie Vie tout court, j'étais perdue depuis bien plus longtemps, que 6 semaines…
mais il me restait un peu de force pour garder le masque, pour faire semblant… d’écrire encore mes résumés de la semaine…
Mais pas plus…
J’ai tellement fait semblant que j’ai réussi à me berner moi même…
J’ai tellement fait semblant que j’ai réussi à me faire croire, toute seule comme une grande que je pouvais gérer, que ça allait passer…
Ne nous voilons pas la face, Je vis depuis longtemps avec mes démons, avec leurs hauts, avec leurs bas.
Sauf que cette fois je n’arrivais plus à lutter.
Je vous en ai déjà parlé de ces monstres qui me dévorent parfois…  
En fait… Ce ne sont pas vraiment des monstres… 
En fait … "Ces monstres" sont Moi,  Moi, toute seule…
Alors...
J'ai décidé de vous expliquer parce que ça ne sert rien à rien de cacher les choses
J'ai décidé de vous expliquer parce que j’éprouve le besoin de l'écrire ici
J'ai décidé de vous expliquer pour faire taire les rumeurs les plus folles
J'ai décidé de vous expliquer parce que connaître cette maladie est le meilleur moyen de la traiter
(avec les médocs, on est d’accord mais on y reviendra)
Maladie ? vous avez bien lu : Maladie ?
Oui oui ! 
Alors, que je sois claire, tout de suite : je ne cherche pas votre pitié, je ne cherche pas à me poser en victime, je ne cherche pas a attirer votre attention, à braquer les projecteur sur moi… 
Non
Au pire, je vous aide à mieux comprendre
au mieux, j’écris pour laisser une trace qui ne servira qu’à moi… 
Car elle me servira j’en suis sure…
Mais de quoi parle-t-on ? 
On parle de la maladie des troubles bipolaires… 
(Avant on disait maniaquo-dépressifs)
J’aurais pu vous dire « je suis bipolaire »… Sauf qu’on dit pas "je suis diabète » ou « je suis cancer »… 

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Il y a Moi, juste Moi, d’un côté, et ces satanés "troubles » qui peuvent rendre ma vie impossible, de l’autre… 
Je suis lucide, on parle là d’une maladie mentale, et c’est tabou la maladie mentale, on en parle un peu plus, certes, mais ça fait peur… ça se voit pas du premier abord… On le découvre au retour d’un chemin… c’est angoissant… Souvent incompréhensible… On sait pas trop comment ça se soigne…
D’ailleurs est-ce que ça se soigne vraiment …?
et puis quand est-ce que c’est le personne « malade »  est elle même, ou quand c’est son « trouble » son "double" qui se manifeste… ?
Cette sensation de dédoublement, ces excès, c'est très perturbant...
Et si c’était contagieux ?
C’est bien sympa ton discours sur la maladie, mais c’est quoi cette histoire de troubles bipolaires?
C’est quoi ton truc trop chelou comme diraient nos ados… ?
Dans les troubles bipolaires, on parle de troubles de l’humeur : en clair, tout le monde a des hauts et des bas dans la vie… Des bonheurs intenses, des moments de doutes, des coups durs… Chacun est atteint plus ou moins fort, plus ou moins longtemps…
C’est normal… C’est la vie…
Dans le cas présent, ça se passe pas tout à fait comme de cette façon.
Les cycles de l’humeur sont déréglés. Les hauts sont très hauts, les bas sont encore plus bas que bas…
Pendant les périodes « up » les malades peuvent déplacer des montagnes (au sens littéral du terme) une énergie de dingue (qui fatigue tout leur entourage), pas besoin de dormir (ou très peu), toujours sur le pont, content d’y être, d’une efficacité incroyable. 
Mais plus ils montent hauts, plus la chute est sévère. 
Car c’est le corollaire des phase « up ».
Les phases « down » sont un abîme sans fond, où ils s’enfoncent et s’enfoncent encore, au plus profond de leur désespoir. Un désespoir qui peut entraîner les idées les plus noires afin d’y mettre un terme. 
parfois les variations se font sur plusieurs semaines, plusieurs mois… Parfois elles peuvent alterner dans la même semaine, le même jour, la même minute… On appelle ça des phases mixtes…
Elles sont tout autant épuisantes… Tout autant dangereuses..
Imaginez un instant l’énergie qu’il faut pour survivre à ces variations…
Pour le malade et pour son entourage…
Heureusement, il existe des solutions, des traitements, afin de mener une vie normale
(tout au moins un peu moins fatigante pour tout le monde).
Et c’est pour retrouver une sérénité et commencer un traitement adapté que je me suis réfugiée (à ma demande) dans un havre de paix, une jolie clinique dont c’est la spécialité. 
Voilà 15j que j’y suis…

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J’avance… Pas très vite, certes, mais il est important de prendre son temps pour éviter le plus possible les rechutes.
Pour trouver la bonne molécule. Le bon dosage.
Parce que, bonne nouvelle, on peut vivre tout à fait normalement avec cette maladie. Il suffit d’un traitement et une hygiène de vie adaptés… comme pour le diabète en somme… Oui Oui… La boucle est bouclée...
Je vais mieux, croyez moi, d’ailleurs, je suis capable d’écrire ces lignes.. 
J’ai aussi de nouveau la force de faire des photos… c’est bon signe…
C’est encourageant, me dit le Dr F qui s’occupe de mon cas.
Le chemin est encore long, je sais qu’il sera encore chaotique… Que ce n’est pas fini… Qu’il me faut être patiente… 
Que tout mon entourage doit l’être aussi…. Ils l’ont déjà tellement été… Partir me « reposer » dans ce château de princesse (j’ai pas choisi n’importe quelle clinique non plus), était aussi leur permettre de souffler… Ils ont tant fait, tant donné… Qu’ils en soient remercier…
Je voulais coucher ici, ces quelques mots, afin de garder une trace... Parce que cette semaine, j’ai pu constaté l’utilité de ce blog. En effet, depuis un certain temps, je me disais qu’il ne servait pas a grand chose… En tout cas, je n’en tirais plus aucun plaisir, ni intérêt…
Et puis… Le Dr F m’a demandé de remonter dans le passé et de construire un courbe de l’humeur des 3 dernières années… L’exercice m’a semblé difficile et laborieux dans un premier temps… Mais j’avais un outil sous la main extrêmement précieux…
Un journal de bord… Semaine après semaine…
Alors, grâce à ce blog, j’ai pu travaillé objectivement, j’ai pu faire la part des choses… 
Je vais donc reprendre mon travail ici, là où je l’avais laissé…. J’en mesure l’importance aujourd’hui. Il m'a toujours été nécessaire... Il faut se rendre à l'evidence, il est l'un de mes outils, un de mes moyens d'expression, dans cette vie...

trouble-bipolaire-definition-symptome-humeur

Deux dernière choses : 
- non, je ne suis pas courageuse d’accepter de me soigner, je trouve cela normal, pour moi, et pour les miens. Les éloges ne sont, une nouvelle fois pas ce que je cherches. Mon but est de vivre mieux, de vivre bien, de VIVRE tout court.
- Même si je ne les recherche pas, je vous adresse un grand merci, pour tout vos messages, et vos signes d’amitié…
Votre soutien m’est précieux, malgré tout, croyez moi. 
A très vite.