J'ai 45 ans... 

Depuis dimanche, j'ai 45 ans...

Et l'idée de cet article qui me trotte dans la tête depuis (m'a fallu un peu de temps pour l'écrire, et le réécrire...)

Depuis dimanche, donc, il me semble que j'ai  passé un cap

j'ai basculé (en douceur, il est vrai) dans la deuxième partie de ma vie

Pourquoi je parle de cela, tout d'un coup ?

Parce ce que c'est la première fois que j'en prend réellement conscience

Depuis quelques temps déjà, je suis touchée (comme beaucoup) par la fameuse crise du milieu de vie

celle qui fait faire un peu n'importe quoi, qui bouscule, qui dérange l'ordre établi

Je sais que c'est elle, je l'ai reconnu, 

dans mes envies, dans les vies de mes amis

bon an, mal an, j'ai navigué à vue

j'ai affronté les ouragans, et les calmes plats, 

Nous nous sommes apprivoisées elle et moi, 

parfois j'ai le dessus, parfois elle gagne encore...

Nous cohabitons, c'est ainsi,

je la trouve plutôt sympa, d'ailleurs,

elle amène juste assez de fantaisies dans ma vie, sans tout faire exposer.

(la prise de risque sans danger, en quelque sorte)

Elle m'a appris à être bienveillante avec moi même.

Bientôt, grâce elle, peut être que je m'aimerai vraiment

n'empeche que là, depuis dimanche, j'ai 45 ans

et que c'est la pente glissante vers les 50 ans

Je suis entièrement convaincue que la vieillesse ne commence pas à 50 ans,

ni même à 60, 70, 80,...

D'ailleurs quand commence-t-elle ? 

je ne sais pas... Sûrement quand on arrête d'y croire...

Croire en quoi ? à la vie, à l'amour, en soi, 

quand on perd l'envie d'avoir envie (Johnny, sort de mon corps immédiatement)

Alors pourquoi ça me dérange d'avoir 45 ans ?

Parce que ça me fais pas vraiment rire, et que je ne sais même pas bien pourquoi

Parce que ça m'oblige à faire le bilan des 45 années passées? 

Peut être... 

Parlons d'ailleurs de ces années passées, où en suis je ? qu'ai je construit ?

- un mariage heureux : touchons du bois, 26 ans d'amours, et nous traversons encore les tempêtes sans trop de dégâts collatéraux, nous avons grandis ensemble, nous arriverons bien à vieillir ensemble aussi, enfin j'espère

- 2 enfants, pas encore sortis du bois (loin de là même) mais qui doucement tracent leur chemin, apprennent, progressent, semblent avoir intégrer les valeurs que nous leur avons transmis, construisent les leurs

- une maison, toujours un peu en chantier mais qui se bonifie avec le temps, qui a encore "beaucoup" de potentiel

- une famille, un groupe d'amis, solides, généreux, de ceux sur qui on peut toujours compter, bienveillants. La vie s'est chargé de trier le bon grain. mes remises en questions permanentes régulières ont fait le reste.

- un boulot, oups, là c'est peut être le point noir du portrait, mais pour le coup, j'ai pas vraiment la main, ma situation reste précaires, des CDD renouvelables pendant 6 ans... J'en suis au 5eme... Que se passera t il après ? ben, on verra bien ... j'ai avancé, tout de même, dans ma confiance en moi par exemple : j'ai des compétences ! je sais aussi, qu'actuellement nos carrières ne sont plus linéaires, plusieurs métiers, plusieurs employeurs. Je sais aussi que 60% des métiers qui recruterons en 2020 (dans 4 ans donc) n'ont pas encore été inventés... En attendant, je travaille, j'ai un salaire, des conditions confortables, des collègues sympas. C'est déjà ça. 

Des regrets ? quelques uns .... un sensation de temps perdu surtout,... d'énergie mal dépensée... d'avoir manqué trop longtemps de confiance en moi... d'avoir voulu avoir aller trop vite... De m'être auto-censurée, ne pas avoir persévérer dans ce que j'avais envie de faire, parce qu'ON m'avait dit que ce serai trop dur, que je n'y arriverais pas... Ouai ben les concours, ça se repassent ! et plusieurs fois en plus ! De ne pas m'être écouter plus souvent... (quand tu te casses le bras en allant au boulot, c'est un accident, certes, mais... peut être pas que...)

ok, ok, ok, tout cela c'est bien beau mais pourquoi ce constat maintenant ? à 45 ans ?

Statistiquement la "moitié" de la vie d'une femme en France actuellement est à 42,8 ans très exactement (j'ai cherché, si, si) donc pourquoi ce bilan aujourd'hui ?

Parce que cette année a été particulière, mais vraiment vraiment vraiment particulière

la fin d'une amitié que je croyais sincère et réciproque qui s'acheve brutalement par un SMS (ouai, j'ai été "largué" par SMS, classe hein ? ouai, j'en suis encore en colère parfois... oui, j'ai du mal à m'en remettre, tout simplement). Le Coq a eu de gros ennuis au boulot, une petite faute (en même temps qui n'en a jamais fait lui jette la première pierre) très lourdement sanctionné, punition, placard, et ce qui va avec, sans prise en compte de ce qui l'avait poussé là... Le sentiment d'injustice qu'il lui a fallu ravalé... Les conséquences de son changement de qualification...  Son mal être pendant plusieurs mois. L'infactus de Padou qui nous a fait craindre pour sa vie. Le "plus d'image, plus de son" dont j'ai été victime au mois de novembre, l'absence de diagnostique, le mal de tête insupportable et permanent, mes parents, mes amis, les larmes dans les yeux au bout de mon lit d'hopital qui m'ont fait un instant craindre le pire, les 2 mois d'arrêts, échouée sur mon canapé. La reprise impossible, retour à l'échouage sur canap'. Toute cette confusion dans ma tête, les changements de vie que je savais nécessaire mais qui me semblait alors impossible à amorcer... le sentiment de m'être perdu... De ne plus rien maîtriser... et ce cops qui me trahi...

Et, puis... un soir entre 2 portes, les mots de ma co-loc de grotte, qui sans le vouloir (quoique)  m'a montrer le chemin du début du commencement...

une toute petite lumière vacillante et fragile, loin, loin, la-bas : la nécessité de lâcher-prise

Et quelle différence en peu de temps finalement...

une reprise en main de moi, par moi. La sortie du tunnel qui s'approche vers le grand soleil

J'ai perdu 10kg (et c'est pas fini),

arrêté de me battre contre des moulins à vents (pourtant ma mère me l'a toujours dit que ça servait à rien),

fini d'attendre (les autres, des trucs qui ne viendront jamais tout seuls vers moi, le bonheur),

banni le stress ,

revu mes priorités,

changé d'angle de vision,

cessé d'avoir peur...

Je ne dis pas que j'ai réussi, pas encore,

je sens les bases fragiles,

d'ailleurs, je pense qu'il n'y a pas vraiment de "fin"  dans c't'affaire, il reste des points de tensions.

Mais comme je me sens mieux,

libéééééréééééée, dééééliiiivrééééééée

de ces charges que je m'étais volontairement collées sur le dos. 

Alors, depuis dimanche, j'ai 45 ans... 

Je ne suis plus une jeune fille, je ne suis pas encore une vieille femme

Voici le début de la seconde moitié de ma vie

j'avais besoin de le poser ici, par écrit

pour ne pas oublier de faire en sort qu'elle soit la plus amusante et douce possible.

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